Voyage en Suisse du 5 au 11 juin
Il a fallu se lever tôt, ce matin-là, pour être au parking de Montission à 5 h 15. L’autocar nous transporte à Paris, gare de Lyon, pour prendre un train qui nous conduit à Genève. Les compartiments bagages ont du mal à contenir toutes nos valises…
En gare de Genève, nous sommes accueillis par notre guide François et notre chauffeur Simo que l’on ne quittera pas de toute la semaine, et qui, avant le déjeuner de midi, nous emmènent dans une visite panoramique de la ville. Genève (en Suisse romande), est une ville agréable. Le lac, à 372 m d’altitude, bordé de petits jardins, lui donne un charme particulier, avec, sur sa rive gauche, son jet d’eau qui jaillit à 140 m de hauteur depuis 1891. Au milieu de ces jardins se trouve une statue de l’impératrice Sissi, à l’endroit même où elle a été assassinée par Luigi Lucheni le 10 septembre 1898. Le lac a subi un tsunami (le Toredunum) en 563, avec une vague de 13 m de haut. Genève est le siège d’organismes prestigieux comme l’ONU, le CICR (la Croix-Rouge), l’OMM (Organisation météorologique mondiale), le BIT (Bureau International du travail), pour n’en citer que quelques-uns. Un petit détail méconnu : Léman veut dire lac, c’est donc un pléonasme de dire le lac Léman : c’est le lac de Genève (pour la France) ou le Léman (pour la Suisse).
Nous nous régalons d’une fondue avant de nous diriger vers Yvoire, l’un des plus beaux villages de France, pour la visite guidée de ce charmant petit village médiéval fortifié qui est aussi l’un des plus fleuris de France, avec son extraordinaire « jardin des Cinq Sens », où nous pouvons en effet toucher, sentir, admirer les plantes, fleurs, arbustes et autres plantes aromatiques.
L’hôtel Le Panorama, à Évian-les-Bains, nous accueille pour dîner et y passer notre première nuit.
Le lendemain, nous quittons la France, et gagnons Château d’Oex où nous montons à bord d’un train panoramique pour rejoindre Montreux. Au passage, nous admirons les alpages verdoyants et les vignobles en terrasses ainsi que les villages des vignerons, territoire classé à l’UNESCO. Le raisin le plus répandu est le chasselas. Après le déjeuner de midi, nous découvrons la superbe forteresse de Chillon, construite sur un îlot rocheux dominant le Léman, magnifique ! Nous dormons à Brig-Naters après un dîner assez copieux.
Notre embarquement dans le célèbre train « Glacier Express », train express le plus lent du monde, est le début de notre troisième journée. Nous passons le col de l’Oberalp à 2044 m d’altitude. Le repas de midi est servi à bord. Partis de Brig, nous admirons des paysages magnifiques, tous ces pics si hauts, où la neige, encore présente, contraste avec les vallées verdoyantes où paissent des troupeaux, où coulent des rivières… et un fleuve connu, le Rhône. Oui, le Rhône, que nous suivons depuis la veille, fleuve suisse avant d’être français, puisqu’il prend sa source au « glacier du Rhône » dans le massif du Saint-Gothard à 2200 m d’altitude conjointement avec le Rhin et l’Inn. Nous arrivons à Chur (Coire, Cuira ou Coira selon la langue utilisée) après un petit arrêt à Andermatt. La visite libre de Chur, et notamment de sa cathédrale, termine agréablement l’après-midi. Nous dînerons et dormirons à Davos, célèbre pour son Forum économique mondial, qui se tient une fois par an. Ce soir, au dîner, une célébration particulière : l’anniversaire de Jean‑Claude, qui surpris, s’est retrouvé avec un dessert différent du nôtre et, dessus, une petite bougie.
Le lendemain, direction la ville huppée de Saint-Moritz, bien connue comme station de sport d’hiver, qui a accueilli les J.O. d’hiver en 1928 et 1948. Elle est la station la plus ancienne au monde. Dans les alpages alentours, vivent l’ours, le lynx, l’aigle royal. Déjeuner à Poschiavo, ville dont l’architecture a subi des influences espagnoles, mais aussi italiennes, avec son église dont le superbe campanile comporte cinq étages d’arcades. Attention, rendez-vous à 15 h 10 en gare de Poschiavo, pour monter dans le train « Bernina Express » classé à l’UNESCO, qui nous conduit à Filisur. Entre le val d’Engadin et le val Bernina, paysages époustouflants à la sortie des tunnels ou sur les viaducs, vue sur les glaciers, lacs comme celui de Valangin (16 km de long), où des cigognes et des aigrettes viennent se rafraîchir. À la gare de Filisur, notre car nous reprend, sous la conduite de Simo, pour revenir dîner et dormir à Davos.
Mardi 9 juin, départ pour Lucerne, située sur les rives du lac des Quatre-Cantons. Là, nous traversons un grand marché et arrivons au « Pont de la Chapelle ». Ce pont, magnifique, tout en bois, long de 204 m, a été construit au 14e siècle. Il a brûlé en 1993 et a été reconstruit à l’identique. Un deuxième pont a été construit un peu plus loin et, entre les deux, se trouve le barrage à aiguilles de la Reuss. Le long de cette rivière, nous pénétrons dans l’église des Jésuites (17e siècle), richement ornée, dans le style baroque.
Nous avons un petit parcours pour aller au restaurant où une animation très sympathique, avec musique folklorique et jeu musical, nous a enchantés. Après déjeuner, nous poursuivons notre voyage vers le lac de Constance, en Allemagne, après avoir traversé Zurich, la ville la plus riche de Suisse, puis le Rhin. Nous passerons la nuit à Singen, après avoir dîné dans un restaurant situé à proximité.
Le matin de ce mercredi, sous un ciel un peu gris, nous sommes partagés en deux groupes pour découvrir Constance. Chacun son guide ; dans celui où je suis, un professeur d’histoire à la retraite nous guide et nous fait partager ses connaissances historiques dans la vieille ville établie au bord du lac. Presque toutes les maisons sont d’origine moyenâgeuse. Sous quelques gouttes de pluie, nous découvrons la cathédrale, où se mêlent éléments romans, gothiques et postérieurs. Ses deux portes imposantes en bois sculpté datent de 1470. Puis, nous passons devant le bâtiment du Concile, la tour poudrière… Au bord du lac, une statue contemporaine (1993), tournant sur elle-même commémore le concile de Constance (début 15e siècle).
La pluie, qui nous guettait depuis le matin, s’est lâchée l’après-midi pendant notre visite du parc floral, magnifique cependant, de l’île de Mainau, (en fait une presqu’île). Des plantes, des fleurs, des arbres, des petits espaces agrémentés, plus de 1200 espèces avec un superbe panorama sur le lac. La roseraie, installée sur une petite colline, offrait des senteurs envoûtantes. Pour se préserver de la pluie, quelques-uns se sont réfugiés dans la chapelle sur la butte surplombant la roseraie, d’autres ailleurs, et d’autres encore ont bravé les « éléments ». La pluie nous accompagnera sur la route du retour à l’hôtel.
Notre dernière journée est consacrée aux chutes du Rhin, à Schaffhausen (en Suisse). Le Rhin a deux sources, dont l’une voisine de celle du Rhône. Il coule sur plus de 1200 km, il traverse le lac de Constance, franchit le Jura Suisse, puis les chutes de Schaffhausen (150 m de large et 20 m de hauteur). Il marque la frontière entre France et Allemagne le long de l’Alsace et poursuit son cours pour finir dans la mer du Nord aux Pays-Bas. Un temps libre pour la découverte des chutes, suivi d’une promenade en bateau près de celles-ci, sont nos derniers moments de villégiature dans cette partie européenne plutôt méconnue. Après le déjeuner de midi, Simo nous conduira à la gare de Bâle où nous prendrons le train du retour pour Paris puis l’autocar pour Saint-Jean-le-Blanc.
Texte : Françoise Nadot
Photos Joëlle Borderioux, Annie Étienne-Eudier et Denys Pelletier